•   Cet hiver, la conquête du pantalon a également progressé sur son front masculin.

      En novembre, Monsieur a d'abord eu droit à un pantalon en velours ras chaud et épais d'après son patron de base d'il y a trois ans :

    Une hirondelle a fait le printemps

      Bien large donc (et bien remonté avec la ceinture au dernier cran sur les photos), avec la fourche dos un poil trop verticale toutefois, corrigée sur les versions ultérieures (un passant pour l'ardillon de la boucle de ceinture  n'aurait pas été de trop non plus, et je me suis fouettée pour avoir oublié de renforcer au droit-fil l'ouverture de poche). Pour ne pas qu'il se retrouve usé trop vite, il y a ensuite eu une version avec le jean stretch utilisé pour le deuxième Safran et qui s'est un peu, oh surprise, distendue : actuellement partagée entre un port baggy et des plis à la ceinture, je vous gratifierai peut-être de photos si son occupant prend une taille.

      Après cette remise en jambe, je me suis mise en tête de produire un patron de pantalon masculin classique avec une aisance de jambe respectable, pour d'une part rester compatible avec la demande privée, et d'autre part affirmer mes goûts, car je trouve que la mode actuelle aux fesses moulées qui font bailler les poches, jambes cintrées qui plissent de partout et ourlet feu au plancher afin que les chaussettes/lacets de bottines ne passent pas inaperçus en position debout, contribue à donner un parfait air de fion à ces messieurs, s'il m'est permis un brin de vulgarité et d'outrance (car oui, on en croise parfois des biens, gnihi).

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps


      Pour la science, je me suis familiarisée avec le goût actuel de la jeune clientèle masculine et les propositions d'analyse de vêtements formulées par les sites de conseil de style à sa destination, par la lecture de quelques articles dont voici un aperçu : 

    - trois pantalons Bernard Zins sur Jamais Vulgaire
    - deux pantalons Scavini sur Comme un camion
    - un costume Blandin & Delloye sur Bonne Gueule (♥ sur le commentaire de Pierre sous l'article)

      Après avoir revu le patron pour en faire une taille 40 en retouchant un peu l'enfourchure et surtout en réduisant le tour de jambe de 4cm, reporté cela sur Illustrator puis dessiné tout le tralala du pantalon masculin classique (poches passepoilées au dos, hausse de ceinture + pattes de serrage, doublure pour les devant et l'entrejambe), testé l'impression en format A3, nous sommes allés faire couper 1m30 de flanelle de laine grise (environ 200g/m2, un poids considéré après coup et avec effarement trop léger par Monsieur) chez l'incontournable gentleman des tissus.

      J'ai utilisé des chutes pour la doublure et la hausse de ceinture (reconnaissez-vous le tissu rayé ?), récupéré  la talonnette du pantalon disséqué. Le reste des fournitures vient de chez Fil 2000. L'assemblage s'est déroulé méthodiquement et tranquillement à l'exception de la pose de la doublure des cuisses devant loupée comme une sortie d'autoroute. La braguette et les poches passepoilées ont fait l'objet d'un entraînement sur pièce d'étude afin d'obtenir un résultat sans bavure sur le pantalon. Les seules zones thermocollées sont la ceinture, l'ouverture des poches passepoilées et l'ouverture des poches devant. 

     Remarques sur le pantalon en lui-même : L'hirondelle arrive trop en avant, la bande thermocollante perforée choisie rend la ceinture un peu trop raide et je dois revoir la découpe des passant de serrage dos, mais à part ça tout tombe bien, je suis même enchantée du résultat. Ça caresse l'œil, non ?

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

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    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

      Sur Monsieur : je pense qu'il a été un peu déstabilisé par la taille plus basse qu'à son habitude (et pourtant, la hauteur du montant devant ceinture comprise est de 27cm) et pour les premières photos il a serré les tirettes de la ceinture au max.

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

      Quand soudain, la photo de dos :

    Une hirondelle a fait le printemps 
      Oyoyoye, misère ! Mais qu'est-ce que s'est-il passé ??
    Ben y's qu'est-ce se passait que j'avais pris 1cm de jambe en faux pli dans le bas de la couture de fourche dos et que je ne m'en étais absolument pas aperçue au repassage.

      Après réparation de cette boulette, et cette fois en ne serrant pas les passants, on constate que le dos de la jambe a tout de même tendance à s'affaisser un peu, à mon avis à cause de la posture légèrement "gastonnante" de Monsieur (le mal moderne), et parce que la jambe est un peu trop longue (le pli casse nettement devant au dessus de la chaussure, et au genou au dos). Je me demande par ailleurs s'il n'y a pas un peu trop de matière sur la moitié inférieure de la fourche.

    Une hirondelle a fait le printemps

    Une hirondelle a fait le printemps

      Globalement, le résultat reste satisfaisant, et on verra à l'usage si on fait passer le revers de 4 à 5cm pour remonter un peu la jambe (précision utile, le bas de jambe fait 20cm).

    **********

      Je vais maintenant me mettre au travail de gradation et de rédaction des instructions, s'il y a des volontaires pour la phase de tests, vous êtes invités à poser votre candidature dans les commentaires, je projette de le proposer de la taille 36 (TT=72 TH=86) à la taille 46 (TT=92 TH=106).
    PS1 : je crois que je vous ai effarouchés en sortant le grand jeu, alors je précise que le patron comprendra une version épurée avec passants de ceinture et braguette simplifiée, parfaitement réalisable dans un tissu pour chino.

    Une hirondelle a fait le printemps

    PS2 : Vous aurez peut-être remarqué les travaux d'ennoblissement de porte de cuisine qui permettent maintenant de poser à un endroit suffisamment lumineux. Merci Maman !


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  •   Marquons aujourd'hui la trêve du popotin afin de nous intéresser au devenir du deuxième des coupons de coton/viscose ramenés de chez Bennytex. Je nourris depuis deux ans le projet de me faire une chemise à boutonnage asymétrique inspirée des casaques de cuisiniers. L'impulsion date précisément d'un midi où Monsieur avait magnanimement partagé ses tickets resto avec moi chez Rôtistreet, alors nouvelle adresse de mangeaille dans le quartier du Palais Royal, dont s'échappaient des effluves à filer une crise de foi à un vegan. Chacun des membres de l'équipe qui s'affairait derrière le comptoir était vêtu d'une chemise en jean à surpiqures beige de la plus belle allure tant sur les messieurs que sur les dames.

    With Beaujolais nouveau

      Durablement marquée, j'ai fini par retrouver la référence du modèle sur le net : il s'agit de la chemise Bella de Bragard (marque de vêtements destinés à la cuisine et à l'hôtellerie).

      Je me suis attelée à ce projet il y a quelques mois dans le but de produire un chemisier s'inspirant de ce modèle.

    With Beaujolais nouveau !

    Les surpiqures sont faites avec le même fil que pour l'assemblage, elles ne sont donc pas particulièrement contrastantes.

      Ce fut l'occasion de travailler sur :

    1 -  Les pinces


    * Sur le modèle Bragard, on distingue sur le devant des pinces poitrine horizontales et des pinces bretelle partant de l'épaules et allant jusqu'en en bas. Le dos est divisé en un empiècement d'épaules, un milieu et deux côtés, avec un système de soufflets au niveau de la carrure.

    • Sur mes tests de devants, la pince longitudinale seule ne donnait rien de beau, du coup j'ai seulement mis une pince poitrine en prenant le parti d'un cintrage léger. Pas d'empiècement dos, mais trois parties réunies par une découpe princesse permettant d'allier pince d'épaule et pince de taille.

    With Beaujolais nouveau !

    2 - L'aisance de l'emmanchure

      Je suis une flippée de la sensation de tirant au niveau de la carrure quand je bouge les bras. C'était le cas sur ma première chemise sur mesure, à chaque fois que je la renfile je retombe avec surprise sur cette carrure dos qui bloque le mouvement (à la regarder ça ne se devine pourtant pas). Ce qui ne l'a heureusement pas empêchée d'être portée jusqu'à l'usure, mais ce n'est pas agréable.
    * La tête de manche du modèle Bragard comporte visiblement peu d'embu bien que sa platitude ne semble pas particulièrement accentuée. Les surpiqures laissent penser que la manche est découpée en deux pièces + pinces coude afin d'épouser la forme du bras.
    • Pour mon chemisier je souhaitais une entournure suffisamment large (44,5cm ici) et une tête de manche assez plate, ainsi qu'un poignet froncé. Je suis assez mitigée sur le rendu (trop de plis partant de l'emmanchure sur le devant), je ferais probablement mieux de réduire la largeur de la manche et supprimer les fronces en haut la prochaine fois car l'aisance est cette fois largement au rendez-vous (faudra que je les envoie à la Couture Rose Libérée celles-là) !

    With Beaujolais nouveau !

    Positionnement du bouton destiné à maintenir les deux pans du devant et à fermer la poche poitrine.

    3 - Le col

    * Le modèle Bragard est pourvu d'un col mao assez classique...
    • ... auquel j'ai préféré un col romain un peu plus échancré. J'ai parfois du mal à supporter la pression du tissu sur la zone située juste au dessus de la clavicule ; plus au dessus ça va (pas de problème avec les écharpes), mais un contact persistant pile dans le creux titille mon côté spasmophile. Je boutonne donc rarement mes chemises jusqu'en haut. Après être partie sur des encolures trop larges sur les toiles, je suis contente de la forme trouvée ici, le col étant suffisamment décollé du cou pour ne pas être pénible.
      Par contre, avec deux pans superposés, ce ne sont pas moins de 4 couches de tissus + 2 de thermocollant qui recouvrent le torse. Or quand je pique une suée (typiquement quand je joue du hautbois) je n'aime rien tant que les hauts qui permettent de finir en mode béachélien! Je ne pourrais décidément pas travailler derrière un fourneau avec ce genre de casaque.

    With Beaujolais nouveau !

    Encore désolée pour la lumière merdique, on va dire que ça valorise la silhouette générale.

    With Beaujolais nouveau !

    J'ai fait des efforts de maintien pour la photo, ce qui a visiblement contrarié le revers du pantalon. Eh ben rigolez pas, c'est sacrément pas facile de garder les jambes à la verticale.

    With Beaujolais nouveau !

    Les boutons viennent de chez Ultramod rue de Choiseul et ils sont en ébène comme Tiery le hautbois !

    With Beaujolais nouveau !

    Mais qui voilà de profil ? L'indécrottable pli poitrine → hanches dos !! Je crois que je ne peux plus aucune pince pour lui hélas.

    Bilan : Sur une échelle de contentement allant de 1 à 10 je suis à peu près à 7 à cause des emmanchures, des poignets un peu serrés et du tissu (% non négligeable de viscose → froissis). Ah, et les pinces poitrine sont 1cm trop bas aussi. Au départ j'étais motivée pour produire un patron multitaille à partir de cela, eh ben je ne le suis plus dans l'immédiat et vais plutôt porter mes efforts sur le pantalon masculin. Sachez tout de même que dans le monde virtuel ce patron s'appelle "Cassoulet" (c'est ce qu'on entend en fond dans cette scène de l'Aile ou la Cuisse).


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  •   Ça n'a pas traîné, voici l'évolution suivante du patron de pantalon droit de base. Modifications par rapport à la précédente version dans le même tissu :
    - ceinture abaissée de 4cm, cela correspond à la hauteur à laquelle j'aime porter les pantalons, la ceinture reposant juste sur la crête iliaque.

    - hanche dos décalée d'1cm cm sur le côté
    - fourche dos décalée sur le côté d'1cm en haut, 1,5cm en bas (verticalisation)
    - pli pressé légèrement décalé sur le côté pour les dos et sur le milieu pour les devants
    - entrejambe dos 1,5cm plus courte que le devant au niveau des cuisses
    - revers de 4 cm ajouté en bas

     On n'est pas bien, là ?

    Quelques chafouineries subsistent :
    - la ceinture est un peu large. Pour ma corpulence actuelle, je peux à l'aise résorber 2cm à ce niveau.
    - le pli devant marque un décroché vers le côté aux passage des hanches basses.
    - le passant de ceinture placé milieu dos fait que le tirant sur la raie se trouve un peu accentué. Il faudrait je pense lui redonner 0,5 à 1cm en hauteur.
    - de façon générale cette laine manque de tenue, le rendu est un peu brouillon malgré le temps passé au repassage (les revers et les plis marqués gondolent).

    On n'est pas bien, là ?

    Mais surtout il y a du positif :
    - je suis satisfaite du dos
    - il est très confortable, je n'ai pas de réaction de rejet/dégoût lorsque je le vois ou le porte, et c'est bien là le but recherché.
    - il ne me gratte quasiment pas alors qu'il n'est pas doublé.

    On n'est pas bien, là ?

      Prochaine étape : reprendre le patron pour y ajouter les poches.

    On n'est pas bien, là ?

    En plus je trouve les plis en station assise pas trop vilains.


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  •    Déjà 10 jours sans voir mes fesses, mon pauvre public doit commencer à ressentir des signes de manque. J'arrive, mes chéris !

      Aujourd'hui nous allons nous préoccuper d'habiller en longueur le dodu postérieur que voici :

    La semaine du pantalon

    Le slip blanc c'est cadeau.

      Rappelons-nous, il y a 4 ans le pantalon droit de base construit selon la méthode Esmod retouchée avait abouti à ce résultat, j'annote sur les images, la lecture sera moins fastidieuse :

    La semaine du pantalon

    Délicieuse impression de couche culotte sur la vue de dos.

      J'ai reporté la base ayant produit ce résultat sur papier sans me préoccuper des poches, afin de trouver le bon ajustement pour le contour des hanches. Les tracés correspondant aux différentes toiles ont été annotés sur la photo suivante. J'ai préféré refaire une toile pour chaque session de modifications, même mineures, pour plus de fiabilité et garder des petites marges de couture.

    Le mois du pantalon

    En résume : tracé de départ en marron, tracé final en rouge.

      Toile 1 : en percale. cela tire moins au niveau des hanches, mais pour le reste : peu de progrès.

    Le mois du pantalon

      Toile 2 : alors là je me suis plantée à l'assemblage ce qui donne une jambe montée à l'endroit et l'autre sur l'envers. Le tissu employé est plus fluide.

    La semaine du pantalon

      Toile 3 : retour d'une percale Toto avec une ligne milieu dos plus pentue et accentuation du creusement des fesses

    La semaine du pantalon

      Intermède prêt-à-porter : j'avais gardé ce pantalon en laine T40 légué par ma mère sur le siège éjectable après le déménagement parce que je me souvenais qu'il m'allait à peu près mais que je n'aimais pas tant que ça le porter.

    La semaine du pantalon

      Analyse du confort ressenti : globalement le pantalon est seyant. Je déteste la doublure trop froide et glissante. La taille et les cuisses sont très serrées en position assise. Debout, les hanches tirent le pantalon vers le bas, ce qui donne une sensation de malaise malgré un seyant globalement bon. Les cuisses tirent sur le côté au niveau le plus fort du bassin (on constate que les lignes d'aplomb verticales sont déportées sur le côté à ce niveau) et la fourche dos manque un peu de creux.

      A ce stade, je ne savais plus trop quoi faire, et les conclusions tirées de la littérature m'incitaient plutôt à poursuivre l'élargissement du côté dos et verticaliser la fourche dos sans la creuser vers le bas. J'ai donc réorienté le tracé dans cette direction et me suis décidée à couper dans le vrai tissu un pantalon sans poche que je pourrais porter un peu le temps de me faire une idée stable sur les derniers ajustements à apporter. J'ai légèrement creusé la fourche devant car je trouve encore un petit excès de tissu à cet endroit.

      Voici le résultat avec une laine fluide, dont les fils assez épais sont tissés avec une armure toile. Ce tissu issu des soldes sacrés coupons était destiné à nous faire des pantalons assortis à Monsieur et moi-même, mais comme je ne trouve pas son tombé si terrible (même si la couleur me plaît toujours beaucoup) et que Monsieur ne le trouve pas terrible tout court, il a rejoint le troupeau des tissus cobaye.

    Le mois du pantalon

      Le confort ressenti est bon sauf : la ceinture qui serre un peu trop et le genou gêné lorsque je le lève à 90° (tire trop sur le dos de la fesse). En station assise la taille devant monte haut, mais on évite le gros amas de tissu inesthétique sur le bas ventre. Bref, c'est portable mais je préfère largement mes shorts, donc au bout d'une demi-journée j'ai fait l'échange !

    Le mois du pantalon


      Venons en au sujet qui fâche : si en couture, les variations de poids qui dépassent quelques kilos sont une plaie lorsqu'on a consacré un certain temps à un ouvrage que l'on ne peut plus porter, celles de notre posture sont un casse-tête qui se réactualise sans cesse. Je ne me suis rendue compte que récemment à quel point j'avais tendance à m'avachir sur moi-même, ou, pour jargonner, me tenir préférentiellement avec une rétroversion du bassin (et tout ce qui va avec : jarret tendu - bide en avant - épaules voussées). J'ai mis un moment avant de comprendre de quelle chapelle posturale je ressortais parce que le ressenti qui domine est celui de mes dernières lombaires bloquées en lordose.

    Le mois du pantalon

      Sur les photos précédentes, je fais attention à corriger cette posture, mais voilà ce que cela donne quand le naturel revient :

    Le mois du pantalon

    Posture corrigée / Posture naturelle

      Maintenant, ajoutons un cas de figure : le relevé de fesses en arrière (antéversion du bassin) qui ne donne pas du tout le même résultat. Faut-il donc s'appeler Kim Kardashian pour avoir un dos de pantalon qui tombe parfaitement en ce bas monde ?

    Le mois du pantalon

    Posture naturelle / Posture corrigée / Posture en lordose

      J'avais pris conscience du problème en essayant de reproduire la posture de mon mannequin il y a deux ans en faisant les toiles du combishort. Rétroversion du bassin -> manque de tissu devant et excès au dos.

    Le mois du pantalon

      Pour ceu.x.sses qui la préfèrent en version anglaise avélacen asiatique, voici une vidéo que j'ai trouvée claire sur le swayback, nom plus usité de la rétroversion du bassin sur la blogo couture :


      Quant à moi, à la perspective d'avoir à envisager un programme de musculation
    *bruit de rire comprimé qui sort par le nez*, je prends mes jambes à mon cou, ce que me permet heureusement de faire ce nouveau pantalon !


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  •   Aujourd'hui, je vous propose de plonger avec moi dans le processus créatif de la première guenille de 2018. 

    La vérité sur l'inspiration

    La vérité sur les cols marins

      J'avais dans les cartons cette photo de Camille Bidault Waddington issue d'un portrait pour Vogue, je suis retombée dessus, me suis redit, ahlala, vachement bien cette cette marinière Véronique Leroy. L'image est petite mais le vêtement graphique. Nous avons donc un haut large, pas très long, souligné au bas du buste et des manches par un galon bleu marine; le col qui semble être marin est bordé du même galon. Fait notable, l'encolure (zone d'insertion du col) est également galonnée.

    La vérité sur les cols marins

      Pas moyen de mettre la main sur d'autre visuels de ce modèle sur le net, il a donc fallu lui inventer un dos. J'avais une autre photo dans les cartons : une robe d'Anna Allen dont je trouve le dos du col très bien foutu, celui-ci permettant de surcroît de masquer la couture d'un empiècement au dos froncé.

    La vérité sur les cols marins

      Pour couronner le tout, comme j'avais le désir d'habiller un peu plus l'encolure devant, je me suis inspirée de cette tunique de la collection Tory Burch de ce printemps 2018 portée par la top Sora Choi :

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur le tissu

      Ensuite je me suis intéressée au premier de ces tissus dont j'ai trouvé plusieurs variantes chez Bennytex. J'avais le projet de renouveler mon stock de chemises et cherchais un tissu souple, doux et pas trop fin, d'une couleur qui me plaise, autant dire que quand je suis tombée sur quatre rouleaux d'une étoffe adéquate dans mes coloris préférés qui arboraient en bonus un délicat aspect chiné je ne me suis pas fait prier pour en exporter un échantillon intramuros. Le tissu me semblait être un mélange coton/soie, et lorsque je me suis enquis de sa composition auprès de ma coupeuse, renseignement pris auprès de son supérieur : c'était de la laine. Bon pourquoi pas, le tissu ne piquait pas alors ok. J'en ai tout de même fait brûler un morceau avant de choisir à quelle sauce le décatir et absolument aucune odeur de cochon brûlé (ni de plastique, heureusement) ne s'en dégageait... De près, le tissu a un aspect légèrement poilu et brillant qui m'évoque fortement de la viscose, et comme il ne devient pas complètement cartonneux au lavage il est vraisemblable qu'il s'agisse d'un mélange coton/viscose. Quant au galon marine, il a été découpé dans les dernières chutes de viscose velours de cette robe.

    La vérité sur le patron

      Comme mon coupon était une fin de rouleau il a fallu s'adapter à sa petite taille (1mètre) : j'ai choisi une ligne plus près du corps, en gardant des épaules légèrement déportées sur le côté, et les manches sont 5/6. Puis, passage en revue du stock de dessins techniques Burda pour trouver une tunique à pinces poitrine adéquate, et choix du modèle 112 de novembre 2012.

    La vérité sur les cols marins

      Comme une authentique kréatriss, je n'en ai gardé que les emmanchures et les épaules. J'ai légèrement approfondi les pinces, franchement cintré les côtés, raccourci la longueur, et dessiné un empiècement épaules en rétrécissant la largeur du haut. J'ai bien sûr redessiné le col, celui-ci se séparant en deux  phases : le col marin, et l'encolure approfondie en fente poitrine boutonnée (arrivant à peu près au même niveau que sur le patron).

      Le col marin a été construit en faisant se chevaucher d'1,5cm les côtés des épaules, le bord du col devant étant légèrement convexe (je trouve aux cols dont le bord file tout droit une tête mesquine).

    La vérité sur les cols marins

    Hî-haaaan !

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur la confection

      J'ai commencé par monter les épaules, puis touche par touche, le col a été monté, et ça n'a pas été une mince affaire que de s'assurer que les deux pans arrivaient bien au même niveau.

    La vérité sur les cols marins

      Dans ce sandwich, j'ai fixé à l'aveuglette les deux boucles de boutonnière faites en tressant le fil, et celles-ci se retrouvent un peu trop longues d'où les 2 petits boutons légèrement déportés sur le côté.

    La vérité sur les cols marins 

      J'ai hésité à thermocoller une face du col, ne l'ai pas fait et ne regrette pas spécialement, le galon apportant suffisamment de maintien. Je n'ai pas cherché à différencier dessus et dessous de col pour optimiser le roulé de ce dernier.

    La vérité sur les cols marins

      Préférant éviter les surpiqures moches sur le galon, j'ai fixé tous les ourlets à la main en écoutant quelques heures de podcast, avec du fil de coton vintage s'il vous plaît.

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur le seyant

      Le rendu du col est satisfaisant mais j'ai eu chaud : son roulé autour du cou fait qu'il n'arrive plus qu'à 0,5cm de la couture de l'empiècement, contre 2cm sur le patron. Je ne regrette pas non plus le défi technique de l'ajout d'un parement de fente, c'est un apport positif au modèle.

    La vérité sur les cols marins

    Désolée pour la luminosité mais le photographe de Vogue n'a pas honoré son RDV.

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

      Le vrai problème du col marin, c'est son poids. J'ai déjà tendance, question de morphologie j'imagine, à avoir les hauts qui partent légèrement vers l'arrière quand je les porte, mais alors si on ajoute un poids au dos le phénomène est carrément accentué : à moi les plis en diagonale qui partent de la poitrine et le dos qui poche, et le col qui se riquiquise devant, snif, quoique cette bascule donne un petit côté sexy aux épaules.

    La vérité sur les cols marins

                                           Placement gravitationnel / L'avant retiré vers le bas (comme sur le patron quoi !)

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

    Belle rencontre avec la pupullerie

      Malgré cette bascule, il demeure très agréable à porter, et m'a mis en appétit de cuisiner les trois coupons suivants !


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